Les premiers signes de la maladie de Dupuytren : reconnaître un début de contracture 2 février 2026
La maladie de Dupuytren commence presque toujours de manière discrète, par un nodule indolore ou une légère tension dans la paume. Ces premiers signes passent souvent inaperçus ou sont attribués à un durillon, un faux mouvement ou une gêne passagère. Pourtant, leur identification précoce permet d’adapter la surveillance et d’intervenir au moment opportun. Le Dr Favarel, spécialiste du Dupuytren à Grenoble, détaille ici les manifestations précoces typiques du Dupuytren et la manière de reconnaître un début de contracture.
Le nodule palmaire : premier signe historique et le plus fréquent
Le nodule est souvent la première manifestation détectable de la maladie de Dupuytren. Il s’agit d’une boule ferme, de taille variable, située dans la paume, généralement dans l’axe de l’annulaire ou de l’auriculaire. Ce nodule est presque toujours indolore, ce qui explique que de nombreux patients ne s’en préoccupent pas dans un premier temps. Sa consistance est typique : dure, régulière, non mobile, comme si elle était ancrée dans la structure de la paume. Cette localisation correspond à l’aponévrose palmaire, tissu fibreux à l’origine de la maladie. Le nodule ne gêne pas immédiatement le mouvement, mais son apparition constitue un marqueur précoce de fibrose active. Certains patients ressentent une sensibilité légère lorsqu’ils appuient dessus, mais la douleur n’est pas un symptôme habituel. La présence de ce nodule doit inciter à consulter un spécialiste, car il indique que les cellules myofibroblastiques commencent à remodeler le tissu sous-cutané.
La formation d’un cordon sous-cutané : signe d’évolution structurée
Après l’apparition du nodule, la maladie peut évoluer vers la formation d’un cordon fibreux, palpable sous la peau. Ce cordon correspond à une bande rigide qui s’étend depuis le nodule, dans l’axe du doigt concerné. Il est souvent visible lorsque le patient ouvre la main ou tente d’étendre les doigts. Cette bande est le signe d’une fibrose plus avancée : les fibres de collagène se réorganisent, perdent leur élasticité et deviennent rétractiles. Contrairement à un tendon, ce cordon n’est pas en profondeur mais juste sous la peau. Sa présence indique que la maladie commence à exercer une traction mécanique sur les tissus. Cette traction se traduit par une gêne lors de l’extension complète, et constitue un indicateur majeur de progression. La palpation du cordon, même indolore, est un motif suffisant pour envisager un suivi spécialisé.
Les premiers signes fonctionnels : tension, gêne, perte d’extension progressive
Même si la maladie est généralement indolore, des signes fonctionnels apparaissent tôt dans son évolution. Le plus typique est la difficulté à poser la main à plat : le patient sent qu’un doigt reste légèrement fléchi malgré les efforts pour l’étendre. Cette perte d’extension peut être discrète, parfois imperceptible au repos. Une tension matinale est également fréquente, avec l’impression que la paume “tire” ou manque de souplesse. Certains patients constatent une gêne en attrapant des objets larges, ou une difficulté à glisser la main dans une poche ou un gant. Ces signes reflètent la progression du cordon et le début de sa rétraction. La gêne est progressive et silencieuse, ce qui conduit souvent à une consultation tardive. Pourtant, l’identification précoce de ces symptômes permet d’anticiper l’évolution et d’envisager un geste thérapeutique avant que la déformation ne devienne marquée.
Le test de la table : l’indicateur simple le plus fiable
Le test de la table, ou « test de Hueston », est un outil simple que tout patient peut réaliser chez lui. Il consiste à poser la main à plat sur une surface rigide, comme une table, en tentant d’obtenir un contact complet entre la paume et la surface. Si un ou plusieurs doigts restent fléchis et ne touchent pas la table, le test est positif. C’est l’un des signes les plus évocateurs d’un début de contracture. Ce test permet d’évaluer objectivement la perte d’extension. Il est également utile en suivi : si le test était négatif et devient positif au fil du temps, cela traduit une progression de la fibrose. Il ne remplace pas un examen spécialisé, mais constitue un excellent indicateur pour décider du moment où consulter. Le Dr Favarel l’utilise systématiquement en consultation pour quantifier le déficit d’extension et suivre l’évolution d’un patient.