Causes et facteurs de risque de la maladie de Dupuytren : comprendre l’origine de la fibrose palmaire 2 février 2026
La maladie de Dupuytren n’a pas une cause unique. Elle résulte d’une combinaison de facteurs génétiques, métaboliques et environnementaux qui modifient progressivement le tissu fibreux de la paume. Comprendre ces mécanismes permet d’expliquer pourquoi certains patients développent un nodule, pourquoi la maladie évolue parfois rapidement et pourquoi certaines personnes sont plus exposées que d’autres. Le Dr Favarel, spécialiste du Dupuytren à Grenoble, synthétise ici les connaissances actuelles sur les causes et les facteurs de risque du Dupuytren.
Prédisposition génétique : le facteur le plus déterminant
La composante génétique est le facteur de risque le mieux documenté dans la maladie de Dupuytren. Les études montrent que les personnes ayant un parent, un grand-parent ou plusieurs membres de la famille atteints présentent un risque nettement plus élevé de développer la maladie. Les formes héréditaires ont tendance à apparaître plus tôt, parfois dès 40 ans, et à évoluer plus rapidement. Cette prédisposition est particulièrement marquée chez les populations d’origine nord-européenne, ce qui explique la forte prévalence en Scandinavie, au Royaume-Uni et dans le nord de la France. Sur le plan biologique, certains gènes impliqués dans la transformation des fibroblastes en myofibroblastes semblent jouer un rôle dans la fibrose palmaire. Bien que la transmission ne suive pas un schéma simple comme la génétique mendélienne, la notion de terrain familial est centrale dans l’évaluation du risque. Lorsqu’un patient présente des antécédents familiaux, une surveillance plus attentive est recommandée car la probabilité d’évolution rapide est accrue.
Facteurs métaboliques : diabète, alcool et troubles vasculaires
Plusieurs facteurs métaboliques sont associés à une prévalence plus élevée de la maladie de Dupuytren. Le diabète est celui dont l’association est la plus robuste. Les patients diabétiques développent plus fréquemment des nodules palmaires et présentent des formes souvent bilatérales. On considère que les altérations microvasculaires et la glycation des tissus conjonctifs favorisent la transformation des fibroblastes. La consommation chronique d’alcool constitue également un facteur de risque reconnu. Elle est corrélée à une augmentation de la fibrose palmaire, même si le mécanisme exact reste partiellement compris. Certains troubles vasculaires ou carences nutritionnelles ont également été évoqués, mais leurs liens sont moins solides scientifiquement. Ces facteurs n’expliquent pas la maladie à eux seuls, mais ils agissent comme des accélérateurs dans un terrain prédisposé. Leur prise en compte en consultation permet d’affiner la surveillance et, dans certains cas, d’envisager des conseils de réduction des risques.
Microtraumatismes répétés : impact des gestes professionnels et des vibrations
Les microtraumatismes répétés de la paume jouent un rôle important dans le développement ou l’accélération du Dupuytren. Les métiers exposant la main à des vibrations ou à des pressions répétées — travaux publics, maçonnerie, menuiserie, mécanique, outils vibrants — sont plus fréquemment représentés parmi les patients. Ces gestes répétés peuvent provoquer de petites lésions dans l’aponévrose palmaire, favorisant ensuite la prolifération des fibroblastes et la formation d’un nodule. Ce facteur ne “crée” pas la maladie chez un individu non prédisposé, mais il contribue à déclencher ou accélérer une évolution silencieuse. Certains sports ou loisirs sollicitant fortement la paume (rame, escalade, sports de raquette) peuvent également jouer un rôle similaire. Les microtraumatismes expliquent souvent pourquoi un patient travaillant avec ses mains remarque une progression plus rapide que prévu. Prendre en compte ce contexte professionnel ou sportif est essentiel pour adapter la surveillance et prévenir une aggravation.
Autres facteurs associés : tabac, âge, sexe et fibromatoses associées
Plusieurs éléments supplémentaires augmentent la probabilité de développer un Dupuytren ou d’en accélérer l’évolution. Le tabac est un facteur aggravant bien identifié : il altère la vascularisation du tissu conjonctif et favorise la fibrose. L’âge joue également un rôle : la maladie est plus fréquente après 50 ans, même si des formes précoces existent dans les cas héréditaires. Le sexe masculin est un facteur de risque majeur : les hommes sont touchés deux à trois fois plus que les femmes. D’autres fibromatoses — telles que la maladie de Ledderhose (plantaire) ou la maladie de la Peyronie — peuvent coexister chez certains patients, traduisant un terrain fibroprolifératif général. Bien que ces facteurs ne suffisent pas à expliquer la maladie seuls, leur identification aide à comprendre pourquoi certains patients présentent une forme plus agressive et nécessitent un suivi plus régulier.