L’hydrodissection échoguidée : une technique au service du soulagement des nerfs comprimés 21 juin 2026
L’hydrodissection échoguidée : une technique au service du soulagement des nerfs comprimés
Une approche que le Dr FAVAREL pratique depuis 2019
Le Dr FAVAREL réalise des gestes d’hydrodissection échoguidée depuis 2019 au sein du cabinet Echo38, à Meylan. Cette expérience de plusieurs années, associée au suivi régulier de la littérature scientifique internationale, lui a permis de publier en avril 2026, dans le Journal d’Imagerie Diagnostique et Interventionnelle (revue de la Société française de radiologie), un article de référence décrivant sa technique d’hydrodissection du tunnel radial au dextrose. Cette publication offre aujourd’hui un cadre solide pour présenter cette technique au plus grand nombre.
Par ailleurs, une publication récente parue en avril 2026 dans la revue Cureus, rédigée par une équipe internationale de spécialistes en médecine de la douleur (Pr King Hei Stanley Lam et collaborateurs), vient renforcer et actualiser les données disponibles sur cette technique à l’échelle internationale. C’est l’occasion de faire le point.
Qu’est-ce que l’hydrodissection ?
L’hydrodissection est un geste mini-invasif réalisé sous contrôle échographique. Elle consiste à injecter, au plus près d’un nerf comprimé, un liquide (le plus souvent du sérum glucosé à 5 %, ou dextrose) afin de le « décoller » délicatement des tissus environnants qui l’irritent : fascias épaissis, ligaments, cicatrices fibreuses.
L’image échographique permet de visualiser en temps réel le nerf et l’aiguille, garantissant la précision et la sécurité du geste. Ce n’est pas la pointe de l’aiguille qui dissèque les tissus, mais la pression du liquide injecté, diffusé progressivement et délicatement autour du nerf — un point essentiel pour le confort du patient et la sécurité des structures avoisinantes (vaisseaux, autres nerfs).
Pourquoi libérer un nerf comprimé ?
Les nerfs périphériques sont des structures particulièrement sensibles à la compression, même légère. Des travaux expérimentaux fondateurs ont montré qu’une simple constriction mécanique, sans interruption de la circulation sanguine, suffit à provoquer des altérations rapides du nerf et des douleurs persistantes.
Lorsqu’un nerf reste comprimé durablement par des tissus adjacents (après un traumatisme, une chirurgie, ou simplement par hypersollicitation mécanique répétée), sa nutrition et sa capacité de glissement normal sont perturbées. L’objectif de l’hydrodissection est de restaurer cet espace de glissement et la microcirculation locale, pour permettre au nerf de retrouver une fonction normale.
Pour quelles pathologies ?
L’indication la mieux validée scientifiquement est le syndrome du canal carpien (compression du nerf médian au poignet). Plusieurs essais cliniques randomisés et méta-analyses récentes (2023 à 2025) ont confirmé que l’hydrodissection au sérum glucosé 5 % apporte un bénéfice cliniquement significatif et durable, avec une efficacité comparable aux infiltrations de corticoïdes à six mois, et un profil de tolérance plus favorable.
Cette approche s’étend également à d’autres territoires nerveux déjà abordés sur ce site, notamment :
- le nerf radial au niveau du tunnel radial (syndrome du tunnel radial), qui se manifeste par une douleur antérolatérale du coude d’allure neuropathique, ne répondant pas aux traitements habituels d’une pathologie tendineuse. Cinq sites de compression sont classiquement décrits, auxquels s’ajoutent des situations de mécanosensibilité par étirement répété du nerf. Le Dr FAVAREL a détaillé sa technique d’hydrodissection complète et non sélective du tunnel radial dans une publication de référence, montrant un soulagement sécuritaire et cliniquement efficace de ces douleurs ;
- le nerf cubital au coude et au poignet (canal de Guyon, en particulier chez les cyclistes),
- le nerf fibulaire commun au niveau du genou,
- le nerf tibial dans le tunnel tarsien à la cheville.
Chez les patients présentant une neuropathie périphérique diffuse (par exemple d’origine diabétique), il n’est pas rare qu’un nerf déjà fragilisé développe une compression focale surajoutée sur un site anatomique vulnérable. L’hydrodissection trouve alors tout son intérêt comme geste ciblé, en complément de la prise en charge globale.
Une place bien définie dans la stratégie thérapeutique
L’hydrodissection se positionne comme une étape intermédiaire : après l’échec des mesures conservatrices simples (attelle, kinésithérapie, adaptation des gestes), et avant d’envisager un geste chirurgical de libération nerveuse. Elle permet souvent d’éviter ou de retarder une intervention plus invasive, avec un temps de récupération minimal.
Le déroulement du geste
Sous anesthésie locale, le Dr FAVAREL repère le nerf concerné par échographie haute résolution, puis injecte progressivement le liquide autour du nerf, en s’assurant à l’image que la libération est bien circonférentielle. Le geste dure habituellement entre 15 et 30 minutes selon la localisation, et permet une reprise rapide des activités.
Cet article s’appuie notamment sur :
Favarel G. Comment je fais une hydrodissection du tunnel radial au dextrose ? J Imagerie Diagn Interv. 2026;9(2):66-71. DOI : 10.1016/j.jidi.2026.01.006
Lam KHS et al., Cureus 2026 (DOI 10.7759/cureus.106578)
Colorado B et al., Muscle Nerve 2025 (DOI 10.1002/mus.28471)
Lam KH et al., Diagnostics 2023 (DOI 10.3390/diagnostics13061138)
Bennett GJ, Xie YK, Pain 1988 (DOI 10.1016/0304-3959(88)90209-6)
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