Douleurs et faiblesse du bras sans explication claire : et si c’était le défilé thoraco-brachial ? 23 juin 2026

Douleurs et faiblesse du bras sans explication claire : et si c’était le défilé thoraco-brachial ?

Une approche diagnostique et thérapeutique que le Dr FAVAREL pratique à Echo38, à Meylan


Une cause souvent méconnue : le syndrome du défilé thoraco-brachial neurologique

Le syndrome du défilé thoraco-brachial (ou TOS neurologique, de l’anglais neurogenic thoracic outlet syndrome) est une pathologie fréquemment sous-diagnostiquée. Ses symptômes — faiblesse progressive d’un bras, fourmillements dans la main ou l’avant-bras, sensation de maladresse — sont souvent attribués à tort à une autre cause, comme une hernie discale cervicale ou une compression du nerf cubital au coude.

Ce syndrome résulte d’une compression du plexus brachial, le grand réseau nerveux qui commande le bras depuis la sortie du cou. Cette compression peut survenir dans plusieurs espaces anatomiques naturellement étroits situés entre le cou et l’épaule.


Ce qu’un récent cas clinique international nous apprend

Une publication parue en mai 2026 dans la revue Frontiers in Medicine (Yoon Y, Lam KHS et collaborateurs, DOI : 10.3389/fmed.2026.1804081) décrit un cas particulièrement instructif, qui illustre bien la valeur de l’échographie dans ce contexte.

Un homme de 53 ans, électricien, présentait depuis 18 mois une faiblesse progressive du bras droit accompagnée de fourmillements persistants dans la main et l’avant-bras médial. Il avait subi de nombreux examens et traitements pour une spondylose cervicale supposée, sans amélioration. L’IRM cervicale et du plexus brachial était quasi normale. Les bilans électriques des nerfs montraient un ralentissement localisé à la racine du bras, en dehors du cou.

C’est l’examen échographique ciblé qui a changé le diagnostic : une atrophie franche du muscle sous-clavier droit a été mise en évidence, asymétrique par rapport au côté gauche. Ce muscle, situé juste sous la clavicule, au contact direct du plexus brachial, était probablement devenu moins souple, perturbant la dynamique de l’espace costoclaviculaire et comprimant les nerfs lors des mouvements.


Pourquoi l’échographie voit ce que l’IRM ne montre pas

L’IRM standard du rachis cervical ou du plexus brachial explore principalement les structures en position statique. Elle n’est pas conçue pour analyser finement les muscles de petite taille comme le muscle sous-clavier, ni pour évaluer des compressions qui n’apparaissent qu’à certaines postures ou lors des mouvements de l’épaule.

L’échographie haute résolution, à l’inverse, permet :

  • une comparaison immédiate des deux côtés (symétrie musculaire, volume, texture),
  • une exploration dynamique en temps réel, en mobilisant l’épaule du patient pendant l’examen,
  • une visualisation directe des rapports anatomiques entre le muscle, les nerfs et les vaisseaux avoisinants.

C’est précisément cette capacité à aller chercher une anomalie subtile, asymétrique et dynamique, que le Dr FAVAREL met au service du diagnostic à Echo38.


L’hydrodissection échoguidée : un traitement mini-invasif ciblé

Dans le cas rapporté, le traitement a consisté en une hydrodissection échoguidée de la région infraclaviculaire, réalisée avec 30 mL de sérum glucosé à 5 % (dextrose). L’objectif : injecter délicatement un liquide autour des structures nerveuses et musculaires comprimées, pour les « décoller » des tissus fibreux ou peu souples qui les gênaient.

Dès la première séance, le patient a ressenti une réduction de plus de 70 % de ses fourmillements. Au terme de six séances (trois hebdomadaires, puis trois mensuelles), une récupération complète de la force musculaire a été obtenue, avec reprise de l’activité professionnelle et des loisirs.

Le Dr FAVAREL pratique l’hydrodissection échoguidée depuis 2019 au cabinet Echo38. Cette technique, qu’il a décrite dans une publication de référence dans le Journal d’Imagerie Diagnostique et Interventionnelle (JIDI, avril 2026, DOI : 10.1016/j.jidi.2026.01.006), est aujourd’hui proposée pour plusieurs territoires nerveux comprimés : nerf radial, nerf ulnaire, nerf médian, nerf fibulaire, nerf tibial. Ce cas illustre une nouvelle application possible : la région infraclaviculaire dans le syndrome du défilé thoraco-brachial.


Ce que l’on retiendra pour vous, patient

Si vous présentez une faiblesse inexpliquée d’un bras, des fourmillements persistants dans la main ou l’avant-bras, et que les examens habituels (radiographies, IRM, bilan électrique) n’ont pas trouvé de cause satisfaisante, plusieurs questions méritent d’être posées :

  • A-t-on examiné les muscles situés dans la région de la clavicule et de l’épaule par échographie ciblée ?
  • A-t-on comparé les deux côtés ?
  • Y a-t-il une asymétrie de volume ou de texture du muscle sous-clavier, ou d’autres muscles de la traversée cervico-thoracique ?

L’échographie ostéo-articulaire spécialisée, telle que pratiquée à Echo38, peut apporter des réponses là où d’autres examens butent sur leurs limites.


En résumé

  • Le syndrome du défilé thoraco-brachial neurologique est fréquemment sous-diagnostiqué, ses symptômes mimant d’autres pathologies.
  • Le muscle sous-clavier est un contributeur anatomique méconnu, invisible ou peu visible sur les IRM standards.
  • L’échographie haute résolution est l’outil de choix pour explorer cette région de manière dynamique et comparative.
  • L’hydrodissection échoguidée au sérum glucosé est une approche mini-invasive qui peut permettre une récupération rapide et durable, avant d’envisager une chirurgie.
  • Le Dr FAVAREL propose cette expertise à Echo38, à Meylan, depuis 2019.

Référence scientifique de cet article : Yoon Y, Lam KHS, Lee J, Lim J, Hwang J, Shin R, Suryadi T, Suhaimi A, Choi J, Ko G. Ultrasound-guided hydrodissection of the subclavius muscle region in neurogenic thoracic outlet syndrome: a case report. Front Med. 2026;13:1804081. DOI : 10.3389/fmed.2026.1804081

Et également : Favarel G. Comment je fais une hydrodissection du tunnel radial au dextrose ? J Imagerie Diagn Interv. 2026;9(2):66-71. DOI : 10.1016/j.jidi.2026.01.006

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