Prise en charge des tendinopathies rompus de coiffe des rotateurs. Recommandation HAS 2026 28 juillet 2026
Rupture de la coiffe des rotateurs : faut-il opérer ?
Ce que dit la Haute Autorité de Santé (juillet 2026), expliqué simplement
- Une rupture n’est pas l’autre
Il n’existe pas « une » rupture de la coiffe des rotateurs, mais des ruptures, très différentes les unes des autres. Chacune se décrit précisément : quel(s) tendon(s) est touché(s), la rupture est-elle partielle ou complète, est-elle due à un accident ou à l’usure, évolue-t-elle vite ou lentement ?
Ces éléments changent tout pour la suite.
- Deux origines, deux prises en charge
Rupture traumatique : sur un tendon jusque-là sain, suite à un accident ou une chute. Elle nécessite un avis chirurgical sans délai, surtout chez une personne active.
Rupture dégénérative : liée à l’usure du tendon avec le temps. Les symptômes sont variables et peuvent changer au fil des mois. Un traitement médical est essayé en premier.
- Le traitement médical d’abord, pendant 6 mois
Pour une rupture dégénérative, le traitement dit « médico-fonctionnel » (antalgiques, rééducation, adaptation des gestes du quotidien) est proposé pendant au moins 6 mois avant même d’envisager une opération.
La chirurgie n’est discutée que si, après ces 6 mois, la gêne dans les gestes du quotidien persiste ou si la douleur reste invalidante.
- Même une rupture complète n’impose pas l’opération
C’est un point important : toutes les ruptures, y compris les ruptures complètes (« transfixiantes »), ne relèvent pas automatiquement de la chirurgie.
La décision dépend de la gêne réellement ressentie, pas seulement de l’image vue à l’échographie ou à l’IRM.
5.Une décision qui regarde la personne, pas que l’épaule
Avant de poser une indication opératoire, le patient est évalué dans sa globalité : son mode de vie, son contexte personnel et professionnel sont pris en compte.
Les situations complexes bénéficient d’une prise en charge à plusieurs professionnels.
- Quand on opère
La technique de référence répare le tendon sur son point d’attache d’origine.
Elle est le plus souvent réalisée par arthroscopie (petites incisions, caméra).
D’autres gestes peuvent être associés selon les cas, mais pas systématiquement.
- La rééducation, avant et après
En cas de chirurgie, la rééducation est indispensable, avant comme après l’intervention. Le protocole dépend du geste réalisé et suppose une bonne coordination entre le kinésithérapeute et le chirurgien, avec un partage clair des informations (compte-rendu opératoire, précautions à respecter).
L’auto-rééducation, faite par le patient lui-même, tient une place importante, en particulier jusqu’au 3e mois.
- Après l’opération
Une imagerie de contrôle n’est pas systématique après la chirurgie. Elle n’est demandée qu’en cas d’évolution qui ne se passe pas comme prévu.
Cet article a été rédigé à titre d’information, sur la base de la fiche « Prise en charge des tendinopathies rompues de la coiffe des rotateurs : place de la chirurgie », adoptée par le Collège de la Haute Autorité de Santé le 2 juillet 2026.
Source : Haute Autorité de Santé (HAS), fiche « Recommander les bonnes pratiques », 2026.