Injection de PRP dans un tendon : le bloc nerveux pour ne plus redouter la douleur. 2 octobre 2026
Injection de PRP dans un tendon : le bloc nerveux pour ne plus redouter la douleur
L’injection de plasma riche en plaquettes (PRP) dans un tendon fait partie des traitements proposés pour les tendinopathies chroniques qui résistent à la rééducation chez Echo38. Elle traîne depuis longtemps une réputation méritée : celle d’un geste douloureux. Une étude française présentée en juin 2026 apporte des données de vie réelle sur les moyens de rendre ce geste confortable. Elle conforte le choix fait au cabinet Echo38 : réaliser ces injections sous bloc nerveux échoguidé.
Pourquoi une injection de PRP dans un tendon fait mal
Un tendon malade est un tissu dense, peu extensible et très sensible. Y injecter un liquide est nettement plus douloureux que dans une articulation.
Ce n’est pas une simple impression. Dans une étude portant sur 389 patients, la douleur ressentie pendant l’injection de PRP était significativement plus élevée pour les tendons que pour les articulations, quels que soient la zone traitée et le calibre de l’aiguille [1]. Une méta-analyse de 33 essais randomisés confirme que la douleur au point d’injection est plus fréquente avec le PRP qu’avec les autres produits injectés sous échographie [2].
Pourquoi ces injections ont longtemps été faites sans anesthésie
Beaucoup de patients ont entendu cette phrase : « pas d’anesthésie locale avec le PRP ». Cette règle vient d’études de laboratoire.
- En 2014, une équipe marseillaise a montré que la lidocaïne et la ropivacaïne, mélangées au PRP, diminuaient la capacité d’agrégation des plaquettes [3].
- En 2012, une équipe américaine a observé que l’ajout d’anesthésiques au PRP réduisait la prolifération et la viabilité de cellules de tendon en culture [4].
Par précaution, de nombreux praticiens ont donc renoncé à toute anesthésie. Conséquence : des gestes pénibles, des patients crispés, et parfois un traitement abandonné par appréhension.
Ce que montre le registre français présenté par le Pr Magalon.
Le 19 juin 2026, au congrès international IOF TOBI MAX, le Pr Jérémy Magalon (Hôpitaux Universitaires de Marseille, Aix-Marseille Université) a présenté une analyse du registre du réseau REMEDEX : plus de 2 000 injections de PRP dans des tendons, réalisées dans 8 centres par 17 médecins [5]. L’objectif était de comparer les différentes stratégies utilisées en pratique réelle pour contrôler la douleur du geste.
Les principaux enseignements :
- Trois stratégies se détachent pour réduire la douleur pendant l’injection : la lidocaïne injectée autour et dans le tendon, puis le bloc nerveux, puis la lidocaïne injectée uniquement autour du tendon.
- Le bloc nerveux est efficace, mais c’est une technique exigeante : dans le registre, ses bons résultats reposaient en grande partie sur un opérateur très expérimenté.
Autrement dit : soulager la douleur du geste est possible, et les données cliniques disponibles sont rassurantes sur le résultat du traitement.
Une précision importante : il s’agit d’une communication de congrès, issue de données observationnelles, qui n’est pas encore publiée dans une revue scientifique à comité de lecture. Les chiffres détaillés seront à confirmer lors de la publication.
Le bloc nerveux, c’est quoi ?
Un bloc nerveux consiste à endormir temporairement le nerf qui transmet la sensibilité de la zone à traiter. Sous échographie, le nerf est repéré en amont du tendon, puis quelques millilitres d’anesthésique local sont déposés à son contact, sous contrôle visuel permanent de l’aiguille.
En quelques minutes, toute la région devient insensible, indolore. Le PRP peut alors être injecté dans le tendon sans douleur, ou avec une gêne minime.
Le nerf ciblé dépend du tendon traité : par exemple le nerf radial pour le coude, le nerf tibial ou le nerf sural pour le tendon d’Achille et l’aponévrose plantaire.
Pourquoi le Dr FAVAREL a fait le choix du bloc nerveux
Une efficacité confirmée en vie réelle. Le registre français classe le bloc nerveux parmi les stratégies qui réduisent le mieux la douleur de l’injection [5].
Aucun anesthésique dans le tendon. La stratégie classée première dans le registre suppose d’injecter de la lidocaïne dans le tendon lui-même, là où le PRP sera déposé. Or ce sont précisément les situations de contact direct entre anesthésique et plaquettes qui posaient question dans les études de laboratoire [3, 4]. Les données du registre sont rassurantes pour la lidocaïne injectée autour du tendon ; l’effet d’un anesthésique placé dans le tendon sur le résultat final reste à préciser. Avec le bloc nerveux, l’anesthésique est déposé à distance : le confort est obtenu sans mélanger aucun produit au PRP.
Une zone entièrement endormie. Le tendon peut être traité avec précision, sans précipitation, sur toute l’étendue de la lésion.
Une technique qui dépend de l’opérateur. C’est la limite soulignée par l’étude, et c’est ce qui justifie de la confier à un praticien entraîné. L’activité du Dr FAVAREL, est consacrée à l’échographie ostéo-articulaire et aux gestes échoguidés. Le repérage et l’abord des nerfs périphériques sous échographie font partie de la pratique quotidienne du cabinet, notamment à travers les hydrodissections nerveuses réalisées depuis 2019, dont la technique a fait l’objet d’une publication scientifique [6].
Comment se déroule le geste au cabinet
- Repérage échographique du tendon et du nerf, puis désinfection de la peau.
- Bloc nerveux échoguidé : une piqûre fine, quelques millilitres d’anesthésique au contact du nerf.
- Quelques minutes d’attente, le temps que la zone s’endorme.
- Injection du PRP dans le tendon, sous contrôle échographique.
Après le geste, la zone reste engourdie quelques heures. Selon le nerf concerné, une faiblesse musculaire passagère est possible : des consignes adaptées sont remises à chaque patient avant de quitter le cabinet.
À retenir
- L’injection de PRP dans un tendon est un geste douloureux lorsqu’elle est réalisée sans anesthésie.
- Un registre français de plus de 2 000 injections montre que cette douleur peut être efficacement contrôlée, et que le bloc nerveux fait partie des stratégies les plus efficaces.
- Le bloc nerveux apporte ce confort sans placer d’anesthésique dans le tendon traité.
- C’est une technique exigeante, dont le résultat dépend de l’expérience de l’opérateur en échographie interventionnelle.
Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale. Chaque situation est différente : l’indication du PRP et le choix du mode d’anesthésie sont discutés au cas par cas avec le Dr FAVAREL.
Références
- Garaud S, et al. Pain induced by platelet-rich plasma injections: reality or myth and short-medium term efficiency in a large retrospective cohort. Clin Radiol. 2026;92:107166. PMID : 41371172.
- Masiello F, Pati I, Veropalumbo E, Pupella S, Cruciani M, De Angelis V. Ultrasound-guided injection of platelet-rich plasma for tendinopathies: a systematic review and meta-analysis. Blood Transfus. 2023;21(2):119-136. PMID : 36346880 / PMC10072988.
- Bausset O, Magalon J, Giraudo L, Louis ML, Serratrice N, Frere C, Magalon G, Dignat-George F, Sabatier F. Impact of local anaesthetics and needle calibres used for painless PRP injections on platelet functionality. Muscles Ligaments Tendons J. 2014;4(1):18-23. PMID : 24932442.
- Carofino B, Chowaniec DM, McCarthy MB, Bradley JP, Delaronde S, Beitzel K, Cote MP, Arciero RA, Mazzocca AD. Corticosteroids and local anesthetics decrease positive effects of platelet-rich plasma: an in vitro study on human tendon cells. Arthroscopy. 2012;28(5):711-719. PMID : 22264830.
- Magalon J, et al. A registry-based study on the impact of different pain management strategy for PRP injections in tendons. Communication orale, IOF TOBI MAX, session « Ligaments, Tendons & Muscles », 19 juin 2026. Données du registre REMEDEX, non encore publiées.
- Favarel. Article technique « Comment je fais » consacré à l’hydrodissection échoguidée du tunnel radial. Journal d’imagerie diagnostique et interventionnelle. 2026;9(2):66-71. https://doi.org/10.1016/j.jidi.2026.01.006