Webinar – Tendinopathie et PRP – Regen Lab 22 septembre 2026

 


PRP et sérum de thrombine : une « thérapie combinée » à l’étude pour les tendons abîmés

Le Dr FAVAREL participe à un webinaire consacré à une approche récente dans le traitement des tendinopathies : l’injection, sous guidage échographique, de plasma riche en plaquettes (PRP) associé à un sérum de thrombine autologue. Voici ce que propose cette technique, ce que l’on sait aujourd’hui de son efficacité, et pourquoi elle n’est pas encore proposée au cabinet.

Un webinaire animé par des spécialistes de l’échographie interventionnelle

Le webinaire est présenté par le Dr Philippe ADAM, radiologue au service d’imagerie de la Clinique Médipole Garonne (Clinique du Sport) à Toulouse. Il est accompagné de Laura TREVINO-VILLA (attachée de recherche clinique), Marie-Laure WETZLER (PhD) et Solène BODIGUEL, de la société Regen Lab, qui fabrique des dispositifs de préparation de PRP. Le sujet : les injections dans le tendon et autour du tendon, pour les tendinopathies dites « cavitaires » ou « fissuraires ».

Le Dr FAVAREL suit régulièrement ce type de formation pour tenir ses connaissances à jour en échographie interventionnelle ostéo-articulaire et évaluer les nouvelles techniques avant de les proposer à ses patients.

Rappel : qu’est-ce qu’une tendinopathie « cavitaire » ou « fissuraire » ?

Un tendon est une sorte de corde très solide qui relie un muscle à un os. Avec l’âge, la surcharge sportive ou professionnelle, il peut s’abîmer de deux façons :

  • Tendinopathie fissuraire : une fente se forme dans l’épaisseur du tendon, comme une corde qui commence à s’effilocher de l’intérieur.
  • Tendinopathie cavitaire : une petite zone creuse apparaît dans le tendon.

Ces lésions se voient bien à l’échographie. Elles touchent souvent le tendon d’Achille, le tendon rotulien, les tendons de l’épaule (coiffe des rotateurs), le coude (« tennis elbow ») ou les ischio-jambiers. Elles cicatrisent mal toutes seules, car le tendon est peu vascularisé.

Le PRP : utiliser son propre sang pour aider le tendon à se réparer

Le PRP (plasma riche en plaquettes) est préparé à partir d’une simple prise de sang du patient. Celle ci se réalise au cabinet directement. Le sang est centrifugé pour concentrer les plaquettes, qui contiennent des facteurs de croissance. Ces messagers stimulent la réparation des tissus : formation de petits vaisseaux, multiplication des cellules, fabrication de nouvelles fibres.

Le PRP est autologue : il provient du patient lui-même. Il n’y a donc aucun risque de rejet.

La nouveauté présentée : ajouter un sérum de thrombine

Quand on injecte du PRP liquide dans une fissure ou une cavité, une partie peut diffuser en dehors de la zone à traiter.

L’idée de la « thérapie combinée » est d’associer au PRP un sérum de thrombine autologue, lui aussi préparé à partir du sang du patient. La thrombine est l’enzyme naturelle de la coagulation. Elle fait passer le PRP de l’état liquide à l’état de gel directement dans la lésion. Les plaquettes restent alors piégées dans un réseau de fibrine.

L’objectif est double :

  1. Combler la fissure ou la cavité, comme un mastic biologique.
  2. Libérer les facteurs de croissance plus longtemps, à l’endroit exact où le tendon en a besoin.

Pourquoi le Dr FAVAREL ne propose pas encore cette technique

Le Dr FAVAREL ne pratique pas, pour l’instant, l’injection combinée PRP + sérum de thrombine au cabinet. L’idée repose sur une logique biologique intéressante, mais la technique est récente. Elle n’a pas encore été évaluée dans de grands essais comparatifs publiés. Il n’y a pas encore de preuve scientifique valable de supériorité. Le Dr FAVAREL continue de suivre les données produites par les équipes qui la développent.

Ce que dit la science sur le PRP dans les tendinopathies

Sur le PRP seul, les études sont nombreuses, mais leurs résultats varient :

  • Une méta-analyse de 2023 a regroupé 33 essais randomisés (2 025 patients) sur le PRP injecté sous échographie : coude, pied, tendon d’Achille, épaule, genou. Les résultats sont globalement encourageants, mais différents selon le tendon traité.
  • Une équipe française a observé, avec un suivi prolongé, une amélioration de la fonction et une diminution de la taille des lésions à l’échographie après injection de PRP dans le tendon, sans complication rapportée.
  • Dans un grand essai sur le tennis elbow (230 patients), l’amélioration de la douleur à 12 semaines était de 55 % avec le PRP contre 47 % dans le groupe témoin, un écart non significatif à ce stade.
  • L’âge compte aussi : dans une étude sur le tendon d’Achille, le bénéfice du PRP était plus net chez les patients jeunes que chez les plus de 60 ans.

Dans tous les cas, l’injection ne remplace jamais la rééducation. Le renforcement progressif du tendon reste la base du traitement. Le Dr FAVAREL suit d’ailleurs ses patients pendant 12 semaines post PRP avec un protocolle de rééducation type HSR validé.

Des précautions désormais mieux définies.

En 2025, un groupe international de 31 experts, dont le Dr ADAM, a publié les premières recommandations précises sur l’usage du PRP chez les patients qui ont une infection, un cancer ou une maladie du sang. Parmi elles :

  • Cancer : pas d’injection en cas de cancer actif. En revanche, un cancer guéri ou en rémission n’empêche pas l’injection, parfois après avis de l’oncologue.
  • Infection bactérienne : il faut attendre la fin du traitement antibiotique.
  • Dents : en cas d’infection dentaire ou de soin dentaire invasif, il faut attendre la fin du traitement et la cicatrisation.
  • Hépatites et VIH : l’injection est possible sous conditions, notamment une charge virale indétectable.
  • Patient en bonne santé : aucune prise de sang de dépistage n’est nécessaire avant l’injection.

C’est pourquoi le Dr FAVAREL fait toujours le point sur les antécédents et les traitements en cours avant de proposer une injection de PRP lors d’une consultation dédiée obligatoire avant chaque infiltration.

En résumé

  • Le PRP utilise les facteurs de croissance du propre sang du patient pour stimuler la réparation du tendon.
  • L’ajout d’un sérum de thrombine transforme le PRP en gel, pourrait mieux combler les fissures et les cavités.
  • Cette technique combinée est prometteuse mais encore peu évaluée ; le Dr FAVAREL ne la propose pas pour l’instant.
  • Les injections de PRP ne sont pas prises en charge par l’Assurance Maladie.

Le Dr FAVAREL reste à la disposition de ses patients pour discuter, en consultation, des options adaptées à leur situation.


Références scientifiques

  1. Masiello F, Pati I, Veropalumbo E, et al. Ultrasound-guided injection of platelet-rich plasma for tendinopathies: a systematic review and meta-analysis. Blood Transfus. 2023;21(2):119-136. PMID : 36346880 – PMC10072988.
  2. Dallaudière B, Pesquer L, Meyer P, et al. Intratendinous injection of platelet-rich plasma under US guidance to treat tendinopathy: a long-term pilot study. J Vasc Interv Radiol. 2014. PMID : 24656590.
  3. de Vos RJ, Weir A, van Schie HT, et al. Platelet-rich plasma injection for chronic Achilles tendinopathy: a randomized controlled trial. JAMA. 2010;303(2):144-149. PMID : 20068208.
  4. Mishra AK, Skrepnik NV, Edwards SG, et al. Efficacy of platelet-rich plasma for chronic tennis elbow: a double-blind, prospective, multicenter, randomized controlled trial of 230 patients. Am J Sports Med. 2014;42(2):463-471. PMID : 23825183.
  5. Salini V, Vanni D, Pantalone A, Abate M. Platelet Rich Plasma Therapy in Non-insertional Achilles Tendinopathy: The Efficacy is Reduced in 60-years Old People Compared to Young and Middle-Age Individuals. Front Aging Neurosci. 2015;7:228. PMID : 26696880 – PMC4674567.
  6. Kaux JF, Bouvard M, Lecut C, et al. Reflections about the optimisation of the treatment of tendinopathies with PRP. Muscles Ligaments Tendons J. 2015;5(1):1-4. PMID : 25878979.
  7. Eymard F, Louati K, Noel É, Abouqal R, Adam P, et al. Indications and contraindications to platelet-rich plasma injections in musculoskeletal diseases in case of infectious, oncological and haematological comorbidities: A 2025 formal consensus from the GRIIP. Knee Surg Sports Traumatol Arthrosc. 2025;33(6):2293-2306. PMID : 40260684 – PMC12104799.

 

Toutes les actualités