Différence entre la maladie de Dupuytren et les autres masses de la paume 2 février 2026
Une boule dans la paume n’est pas toujours synonyme de maladie de Dupuytren. Elle peut aussi correspondre à un kyste, une callosité, une verrue ou une lésion bénigne du tissu sous-cutané. Différencier ces situations est essentiel pour éviter un retard de diagnostic ou une inquiétude inutile. Cette page explique de manière claire, d’après l’expérience du Dr Favarel, spécialisé en échographie de la main à Grenoble, comment distinguer un nodule de Dupuytren des autres masses palmaires les plus fréquentes.
Le nodule de Dupuytren : ferme, fixe et situé dans l’aponévrose palmaire
Le nodule de Dupuytren est une boule ferme, souvent de quelques millimètres à un centimètre, localisée dans la paume et alignée avec l’axe d’un doigt. Il se situe dans l’aponévrose palmaire, un tissu fibreux superficiel situé juste sous la peau. Contrairement à d’autres masses, ce nodule est généralement indolore, même à la pression. Il est également peu mobile, car il est ancré dans la membrane fibreuse. Sa localisation est typique : zone centrale ou médiane de la paume, presque toujours en regard de l’annulaire ou de l’auriculaire, rarement au pouce ou à l’index. Le nodule est souvent la première étape d’une fibrose évolutive, pouvant se transformer en cordon. Sa consistance est dure mais régulière. Il ne glisse pas sous la peau lorsque le spécialiste le mobilise, ce qui constitue un élément clé du diagnostic. Ce caractère fixe, non inflammatoire et inscrit dans l’axe digital oriente fortement vers un Dupuytren.
Le kyste synovial : mobile, fluctuant et souvent douloureux à la pression
Le kyste synovial est l’une des masses palmaires les plus confondues avec un Dupuytren. Cependant, leur nature et leur comportement sont différents. Le kyste est une petite poche de liquide synovial issue d’une articulation ou d’un tendon. Il est généralement mobile, glisse sous la peau et présente une consistance fluctuante, comme un petit ballon rempli d’eau. À la différence du nodule de Dupuytren, il peut devenir sensible, notamment lors de l’appui ou d’un mouvement répété. Sa localisation est souvent plus latérale ou plus proche d’une articulation que le nodule typique du Dupuytren. L’échographie permet de trancher très facilement : un kyste apparaît comme une structure liquide, alors que le nodule de Dupuytren est fibreux. Cette distinction est essentielle car le kyste relève d’une prise en charge totalement différente, souvent conservatrice. La ponction infiltration sous échographie ou l’exérèse chirurgical peut être recommandée en seconde intention.
Callosités, verrues et lipomes : des masses superficielles aux caractéristiques distinctes
Certaines masses palmaires n’ont aucun lien avec la maladie de Dupuytren, mais peuvent inquiéter le patient. Les callosités sont des épaississements cutanés liés aux frottements ou à l’usage répété de la main. Leur aspect est très superficiel, rugueux, très différent du nodule profond du Dupuytren. Les verrues palmaires sont douloureuses à la pression latérale, ce qui n’est jamais le cas du nodule de Dupuytren. Elles présentent un aspect ponctué caractéristique de peau épaissie avec des petits points noirs. Les lipomes, quant à eux, sont des masses molles, plus volumineuses, très mobiles et situées plus profondément que l’aponévrose. Leur consistance est élastique et non fibreuse. L’échographie joue un rôle essentiel pour différencier ces masses : elle permet de visualiser la nature du tissu (gras, liquide, fibreux) et d’établir un diagnostic clair.
Quand l’examen clinique suffit… et quand l’échographie devient utile
Dans de nombreux cas, un simple examen clinique mené par un spécialiste de la main suffit à différencier un nodule de Dupuytren d’un kyste ou d’une autre masse. La consistance, la localisation, la mobilité et la présence éventuelle d’un cordon sont des critères discriminants. Toutefois, certains cas peuvent prêter à confusion, notamment lorsque la masse est atypique, profonde ou douloureuse. L’échographie est alors un outil précieux : elle distingue rapidement un tissu fibreux d’une lésion liquidienne ou graisseuse. Pour un spécialiste comme le Dr Favarel, l’échographie permet également d’évaluer la profondeur de la fibrose, de repérer d’éventuelles adhérences et d’anticiper la faisabilité d’un geste mini-invasif. En résumé, la distinction clinique est souvent simple, mais l’imagerie permet de confirmer le diagnostic et de rassurer le patient lorsqu’une masse présente un caractère inhabituel.